Oeuvres 2027

Programme complémentaire national pour l’enseignement optionnel de musique en classes de première et terminale
pour l’année scolaire 2026-27

Pour l’option musique en Terminale, année 2026-2027, le nouveau programme complémentaire national s'attarde sur les pratiques vocales des territoires ultramarins, avec les œuvres de référence suivantes : Eugène Mona – Ti Milo (1978) et Admiral T – Ti Milo (2011) pour les Antilles ; Himéné tarava et Haka Enana pour la Polynésie ; Danyel Waro – Laviyon (1994) et Wati Watia Zorey Band – Rest’ là Maloya (2016) pour La Réunion.
Le programme s'inscrit dans le champ de questionnement « La place de la musique et de ses pratiques dans la société contemporaine », avec deux perspectives : musique et mondialisation – authenticité, identités, métissage, transformation ; et culture individuelle vs patrimoine collectif.

Ce panorama musical illustre parfaitement la richesse, l'évolution et la transmission du patrimoine sonore des Outre-mer (Antilles, Polynésie et La Réunion). On y observe à la fois le respect des traditions profondes et leur réinterprétation moderne à travers différentes générations d'artistes.
Voici une mise en contexte de ces œuvres emblématiques par région.


Corpus d’œuvres de référence:


🏝️ Les Antilles : De la tradition de Eugène Mona à la modernité d'Admiral T

  • Eugène Mona – Ti Milo (1978) : Eugène Mona (surnommé "le poteau mitan") est une figure légendaire de la Martinique. Avec Ti Milo, il puise dans les racines du bèlè et des chants traditionnels pour exprimer la souffrance, l'identité et la spiritualité martiniquaise. Sa flûte des mornes et ses percussions en font un pilier de la musique patrimoniale.

  • Admiral T – Ti Milo (2011) : Plus de trente ans après, la star guadeloupéenne du dancehall/reggae Admiral T reprend ce classique. Cette version modernisée crée un pont générationnel puissant, insufflant l'énergie de la culture sound system urbaine tout en rendant un hommage vibrant aux ancêtres et aux rythmes traditionnels antillais.


🌊 La Polynésie : La dualité des archipels (Îles de la Société vs Îles Marquises)

  • Himéné tarava : Ce terme désigne les chants polyphoniques traditionnels de Tahiti et des îles de la Société. Principalement a cappella ou accompagnés discrètement, ces chants complexes à plusieurs voix (mêlant voix de femmes aiguës et voix d'hommes graves en contrepoint) racontent l'histoire, les légendes et la foi. C'est un art communautaire d'une grande ferveur.

  • Haka Enana : Originaire des îles Marquises (Te Henua Enana), le Haka Enana (le haka marquisien) est une danse guerrière et rituelle puissante, rythmée par des percussions lourdes (pahu) et des scansions vocales gutturales. Contrairement au haka néo-zélandais très médiatisé, il possède sa propre identité esthétique, fortement liée à la reconquête culturelle et à la fierté marquisienne.


🌋 La Réunion : Les vibrations et la transmission du Maloya

  • Danyel Waro – Laviyon (1994) : Danyel Waro est le gardien infatigable du maloya traditionnel, cette musique née de l'esclavage autrefois interdite. Joué avec des instruments traditionnels (rouler, kayamb, piké), Laviyon (sur l'album Foutanisa) est porté par sa voix brute et perçante. Waro y chante la liberté, la langue créole et le refus des compromis commerciaux.

  • Wati Watia Zorey Band – Rest’ là Maloya (2016) : Ce projet est un hommage poétique et métissé au grand poète réunionnais Alain Péters. Porté par la chanteuse franco-américaine Rosemary Standley (du groupe Moriarty) et la chanteuse réunionnaise Marjolaine Karlin, cet album réinvente le maloya en y mêlant des influences folk, rock et chanson. C'est la preuve de l'universalité et de la plasticité de cette musique.

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Idées de programme qui s'ajoute au volet central de notre Option qui est la PRATIQUE MUSICALE
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Séquence 1 — Musique, identité et métissage

En partant des musiques ultramarines du programme 2027, nous élargisserons vers reggae, maloya, musiques caribéennes, musiques polynésiennes, reprises et métissages contemporains. Elements du programme : mondialisation, authenticité, identités, métissages, transformation.
Projet musical possible : construire un morceau collectif à partir d'un chant traditionnel, puis le transformer dans une esthétique actuelle.
Les Secondes peuvent surtout chanter/jouer ; les Premières commencent à justifier les choix ; les Terminales doivent être capables de relier précisément le projet aux œuvres et aux problématiques du programme.
Séquence 2 — Quand une musique traditionnelle devient-elle une musique actuelle ?
Travail sur la transmission orale, l'arrangement, la reprise, l'instrumentation, l'enregistrement et la transformation d'un patrimoine.
Association de « culture individuelle vs patrimoine collectif » et « ancrage historique vs présence contemporaine ».
Séquence 3 — Créer, arranger, interpréter
Pratique musicale collective et permet justement une pédagogie par projets.